top of page

Photographier le chocolat : reflets, textures et pièges à éviter

12 oct.
3 min de lecture

Le chocolat est une matière magnifique et capricieuse. Il brille, il marque, il fond, il change de couleur selon la lumière qu'on lui donne. C'est aussi l'un des produits que les artisans me confient le plus souvent, et l'un de ceux qui pardonnent le moins l'approximation.


Une surface qui renvoie tout ce qui l'entoure


Un chocolat bien tempéré se comporte comme un miroir sombre. Il reflète la source de lumière, bien sûr, mais aussi le plafond, le photographe, le mur d'en face. Sur un bonbon moulé ou une coque d'œuf de Pâques, chaque reflet dessine le volume de la pièce. Bien placé, il donne du galbe et de la gourmandise. Mal placé, il coupe la forme en deux ou laisse une tache blanche qui attire l'œil au mauvais endroit.


Le travail consiste donc moins à éclairer le chocolat qu'à choisir ce qu'il va refléter. Une grande surface de lumière douce donne un reflet large et continu, flatteur sur les pièces lisses. Une lumière plus dirigée fait ressortir un relief, une gravure, une texture.


Quatre oursons en chocolat blanc, au lait et noir, maison Guillet, photographie culinaire par Anne Fashauer

Noir, lait, blanc : trois matières, trois réglages


Le chocolat noir absorbe la lumière. Sans précaution, il devient une masse sombre où l'on ne lit plus aucun détail. Le chocolat blanc fait l'inverse : il s'éclaircit très vite et perd son modelé. Quant au chocolat au lait, sa couleur glisse facilement vers l'orangé ou le gris selon la température de la lumière.


Lorsqu'une même image réunit les trois, comme sur un assortiment ou une série de sujets, il faut trouver l'équilibre qui respecte chacun. C'est souvent là que se joue la différence entre une photo correcte et une photo fidèle au produit, celle où le client reconnaît exactement ce qu'il trouvera en boutique.


Les traces, l'ennemi discret


Une empreinte de doigt, une rayure de démoulage, une poussière, un léger blanchiment : à l'œil nu on ne les voit presque pas, à l'image on ne voit plus qu'elles. Le chocolat se manipule avec des gants, se transporte calé, se prépare en plusieurs exemplaires. Je demande toujours aux artisans de prévoir des pièces de secours, parce que la plus belle du plateau n'est pas forcément celle qui supportera le mieux le gros plan.


Œuf de Pâques en chocolat au lait garni de noisettes, maison Guillet, photographie culinaire par Anne Fashauer

La température du studio


Sous des éclairages puissants, dans une pièce chauffée, une pièce fine se ramollit en quelques minutes. Les décors s'affaissent, les surfaces deviennent grasses. On travaille donc dans une pièce fraîche, on installe la lumière et le cadrage avec une pièce d'essai, et l'on ne pose la pièce définitive qu'au dernier moment.


Raconter la matière


Une tablette cassée qui montre sa tranche, des éclats, une coulure, des fruits secs pris dans la masse : ces détails disent le croquant, le fondant, la générosité. Ils parlent davantage qu'une pièce parfaitement lisse posée seule. Pour les sapins en chocolat ajouré de la maison Guillet, c'est la finesse de la découpe qui fait l'image, et il fallait une lumière qui la laisse respirer.


Sapins en chocolat ajouré sur fond blanc, maison Guillet, photographie culinaire par Anne Fashauer

Fond clair ou fond sombre ?


Le fond sombre installe une ambiance précieuse et fait vibrer les reflets, mais il peut noyer un chocolat noir. Le fond clair est plus lisible, plus proche d'un usage catalogue ou boutique en ligne, et met bien en valeur les contours. Le choix dépend surtout de l'usage des images : un visuel de vitrine de Noël n'a pas les mêmes besoins qu'une fiche produit.


Vous préparez vos collections de chocolats et souhaitez des images à la hauteur de votre travail ? Découvrez mes prestations de photographie et de stylisme culinaire ou écrivez-moi pour en parler.

 
 
 

Commentaires


bottom of page